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La Charte des Investissements

L’une des raisons faisant de la République du Tchad une terre d’accueil pour les investissements internationaux, est sans contexte, le cadre incitatif que présente la Charte nationale des investissements, axe majeur de la dynamique mise en place pour favoriser les investissements et rendre performant le tissu économique. La Charte met à la disposition des acteurs, investisseurs privés nationaux et internationaux, dans le souci de l’amélioration de l’environnement des affaires, un cadre contribuant à lever les contraintes qui pèsent sur les entreprises. C’est un cadre d’amélioration de la compétitivité, qui contribue à l’approfondissement de l’intégration économique, répondant ainsi parfaitement aux exigences de la mondialisation de l’économie, qu’il convient ici de parcourir.

Principales caractéristiques :

La Charte des investissements de la République du Tchad a pour particularité, entres autres :

  • D’assurer la bonne gouvernance publique et privée, en vue d’une meilleure transparence des affaires ;
  • De promouvoir les relations durables et équitables avec les entreprises transnationales ; 
  • De doter la PME/PMI d’un environnement juridique et institutionnel favorable à sa création, son développement et sa pérennisation ; 
  • De créer un cadre juridique qui protège les investisseurs, ainsi que leurs biens. 
  • De créer des conditions propices

Dans sa présentation, La Charte des investissements de la République du Tchad se compose de deux parties, dont la première porte sur les dispositions générales et la seconde met en exergue les dispositions légales d’accompagnement.

Des dispositions générales :

Articles 1 et 2

Les deux premiers articles, qui constituent des principes généraux, mettent en lumière, le cadre juridique et institutionnel propice à la promotion des investissements qu’offre la Charte, et réaffirment le ferme engagement de l’Etat de créer de conditions de développement économique et social fondées sur la transparence et génératrices de confiance au regard des investisseurs privés nationaux et internationaux.

Les Articles 3 à 7 concernent les garanties et droits fondamentaux relatifs aux investissements.

La République du Tchad garantit, sous réserve des dispositions législatives et réglementaires en vigueur, la liberté dans les investissements privés au Tchad, et le droit à l’investisseur étranger de rapatrier les capitaux représentant les économies réalisées par le personnel expatrié ( Article 3 ).

Elle garantit le jeu de la concurrence ; la protection des brevets, marques et toute forme de propriété intellectuelle ; accorde une attention particulière à la formation professionnelle publique et privée, ainsi qu’au développement des compétences, et à la nécessité de rendre flexible la réglementation du travail conformément aux normes internationales ( Article 4 ).

La promotion de la sécurité juridique et judiciaire et le renforcement de l’Etat de Droit sont mis en exergue dans l’Article 5, avec le même traitement accordé aussi bien à l’investisseur national qu’à l’investisseur étranger.

Le Tchad s’est doté de cadres juridictionnels de base fortement attrayants pour les investisseurs privés. Il est lié notamment par des accords bilatéraux et multilatéraux en matière de garantie des investissements, de règlement de différends relatifs aux investissements, ainsi que par des conventions (Convention de New -York sur la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales internationales, conclues en 1958 sous les auspices des Nations Unies ). Le pays a aussi adhéré à la Cour de Justice Communautaire et au traité de l’OHADA dont il garantit l’application des procédures et des actes de la Cour de Justice et d’Arbitrage ( Article 6 ).

L’Etat réglemente la concurrence et garantit aux investisseurs privés la possibilité de participer au financement des infrastructures économiques au moyen de concession de services publics ( Article 7 ).

Les Articles 8 à 15 mettent en exergue le rôle de l’Etat en matière économique et fiscale

Ces dispositions font ressortir le cadre propice que l’Etat est appelé à créer en matière économique et fiscale afin de garantir les investissements :

  • Bonne gouvernance ;
  • Environnement stable et législation appropriée ; 
  • Simplification des procédures en matière de fiscalité ; 
  • Réforme du secteur financier dans le sens de la mobilisation de l’épargne et de la promotion de l’investissement ; 
  • Création d’un fonds de garantie privé.

Au titre des dispositions transitoires et finales, la Charte accorde aux entreprises agréés sous le régime de l’ancien code des investissements (Loi n°25/PR/87 et Décret n°496/PR/87) le droit de conserver les bénéfices des divers avantages et garanties jusqu’au terme de leur agrément, s’il cet agrément n’a pas été révisé dans le cadre de la réforme fiscale et douanière (Article 16).

Le deuxième volet de la Charte constitue un répertoire de mesures d’accompagnement aux entreprises.

Mesures de développement du secteur privé, d’une durée d’application de cinq ans et susceptibles de modification tenant compte de l’évolution économique du pays ( Article 17)

- Autorisation aux entreprises légalement constituées de déduire de leurs bénéfices imposables la totalité des sommes engagées dans la formation professionnelle et la création d’emploi (Article 18 )

- Exonération temporaire sur les matériels et équipements didactiques importés dans le cadre des programmes de formation professionnelle, pendant la durée de l’exécution de ces programmes, conformément aux dispositions du code des douanes de l’UDEAC (Article 19). Il en est de même pour tout établissement reconnu par l’Etat (Article 20)

- Exonération sur la contribution des patentes aux nouvelles entreprises légalement constituées, pendant la période de leur implantation, avec possibilités d’amortissement accéléré accordé par le Ministère des Finances (Article 23)

- Exonération d’impôts en matière de bénéfices destinés à être réinvestis dans l’entreprise sous contrôle de l’administration ; et des plus-values réalisées suite à une fusion de sociétés ( Article 28)

- Exonération du droit d’enregistrement sur les actes d’acquisition de terrain devant abriter des entreprises ou permettre leur extension (Article 29). L’Article 30 concède le même privilège aux apports en société, à l’occasion de la constitution ou de l’augmentation du capital.

- Avantages spéciaux ( crédits d’impôts et primes d’équipement) aux entreprises installées dans les régions enclavées et d’accès difficile aux services publics, tels ceux de l’énergie, des télécommunications et des infrastructures (Article 21)

- Garantie du transfert de capitaux (Article 25)

- Déduction de la base imposable sur les Bénéfices Industriels et Commerciaux pour favoriser la restructuration des entreprises existantes. Cette déduction est d’un montant égal à 25% des amortissements normaux sur l’exercice qui suit cette restructuration (Article 27).

Pour l’investissement dans certains secteurs prioritaires tels le tourisme et les mines, Il est prévu, au terme de l’Article 30, des textes spécifiques précisant les conditions techniques, fiscales et financières.

Bon à savoir, il est attendu (Article 36) la mise sur pied très prochaine d’une Agence de promotion d’investissement, au sein de laquelle sera logé un Guichet Unique, structure qui facilitera aux promoteurs économiques les formalités de création d’entreprises.

A travers ce cadre, la République du Tchad crée un environnement propice aux investissements privés nationaux et internationaux, la positionnant par la même comme un carrefour en cette matière.

PARTENAIRES RECHERCHES

Le retour à la paix, à la sécurité et à la stabilité, conditions requises pour la reconstruction et le développement, a permis au Tchad de mettre en route de vastes chantiers de réformes, aussi bien politiques, administratives que économiques. Aujourd’hui, beaucoup de choses ont été réalisées, et de progrès sensibles accomplis dans différents secteurs de l’économie, non sans l’apport des investisseurs privés, notamment étrangers, comme pourrait l’attester notre éclairage sur ceux, nombreux, y ayant réussi dans leur élan visionnaire. Cependant, beaucoup reste aussi à faire dans le sens de la diversification de l’économie. Et face à ces enjeux majeurs de développement, nombreux sont les partenaires que le pays devrait encore rechercher et attirer dans cette quête permanente de croissance. Quelques pistes.

Education, formation et emploi

L’homme étant la clé du développement, tout doit être conçu et entrepris dans le sens de son outillage et de sa perfection, en adéquation avec les exigences de la mondialisation et du marché de l’emploi. Or, ce secteur, particulièrement celui de la formation, notamment professionnelle, reste embryonnaire, avec des structures d’accueil encore loin de résorber les sureffectifs des jeunes et autres entrepreneurs en quête de formation. Pour le développement de ce secteur, l'apport de partenaires extérieurs s'avère indispensable.

Le tissu industriel

Secteur quasi restreint, manquant d'unités industrielles. Il y a un réel besoin d'élargir la base productive du pays pour proposer au marché sous régional et au-delà, des produits manufacturés. Il faut donc développer la filière agroalimentaire, et les produits de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche, principales ressources du pays, offrent à cet effet d'énormes potentialités que des partenaires, investisseurs privés étrangers, pourront exploiter.

L’Energie

Le progrès économique reste tributaire des ressources énergétiques. Or, la seule source dans ce domaine au Tchad demeure l'électricité, encore un luxe pour le commun des tchadiens. Il faut des partenaires pour développer l'énergie solaire et éolienne, dont la promotion sera bénéfique pour la forêt, avec une augmentation considérable de l'accès de la population à l'énergie.

Les télécommunications

Les infrastructures de télécommunication sont, elles aussi, loin de satisfaire les besoins du pays. 9000 lignes téléphoniques sur l'ensemble du territoire en 1998, dont 83% à N'Djaména, la capitale, et le reste reparti entre 9 villes (source Document de la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté, juin 2004). Ce domaine, ainsi que celui de la téléphonie mobile (deux opérateurs dont un en instance d'installation) et des nouvelles technologies de l'information et de la télécommunication, présentent des opportunités certaines pour d'éventuels partenaires.

Le système bancaire et les micro finances

Le secteur bancaire, constitué de cinq banques commerciales implantées dans cinq villes du pays a besoin d'être renforcé. Nécessité également de mobiliser le système de l'épargne intérieure. Ecore un champ d'investissements sur lequel des partenaires sont attendus.

Le tissu des PME

Les PME jouent un rôle prépondérant dans le développement économique : création d'emplois, contribution croissante dans la formation du PIB, valorisation des produits locaux, développement local, etc. Mais ce tissu reste très restreint, et par conséquent, ouvert aux partenaires qui pourraient mobiliser des capitaux en vue des investissements dans ce secteur.

Le tourisme

Le secteur du tourisme (tourisme international, tourisme d'affaire, tourisme familial) constitue une source de revenu à développer. il y a beaucoup à faire pour doter le pays d'infrastructures d'accueil, susceptibles d'attirer des visiteurs.

Bref, le répertoire des partenaires recherchés n’est pas exhaustif, et le pays reste ouvert à tous, sans exclusif.

L'EXPORTATION : UN MARCHE D'AVENIR

Pays essentiellement importateur de par son enclavement géographique, le Tchad regorge pourtant d'un potentiel indéniable à l'exportation. L'avenir s'annonce promoteur dans la mesure où est déjà enclenché le processus du cadre intégré, un programme dont l'objectif majeur consiste à assister les PMA dans l'identification des principaux obstacles à l'expansion de leur commerce et de leur fournir une assistance technique cordonnée afin d'éliminer ces barrières.

Le processus du cadre intégré émanant d'une tripartite, Gouvernement, Secteur Privé et Bailleurs de Fonds, permettra à terme au Tchad de faire face aux opportunités d'accès aux nouveaux marchés.

Ainsi, le Tchad pourra donc accroître considérablement ses diverses exportations. En effet, hormis le coton dont l'exportation à l'état brut ( coton – graine et fibre de coton ) se heurte à la concurrence déloyale due aux subventions accordées aux cotonculteurs américains, les autres produits auront aisément voie au chapitre.

Les principaux produits à l'exportation susceptibles de connaître un potentiel accroissement sont notamment la gomme arabique et le bétail.

En ce qui concerne la gomme arabique dont le Tchad figure en deuxième position des pays producteurs juste derrière le Soudan, les perspectives sont réjouissantes. Déjà, selon les données de TRADEMAP datant de 2003, le Tchad est classé 4° pays exportateur mondial avec une quantité de 9670 tonnes dont 4721 tonnes en destination des USA et 4100 tonnes vers la France. D'autres pays comme l'Allemagne, le Mexique, la Turquie, Taiwan, le Japon etc. lorgnent aussi du côté de l'offre tchadienne. Il suffit tout simplement de bien organiser la filière et d'ajouter une valeur à cette matière première tant prisée pour que le Tchad puisse en tirer directement d'énormes profits car en ce moment ce sont d'autres pays qui assurément exploitent cette filière.

Quant au bétail dont le Tchad peut se targuer d'en être le premier producteur au niveau de la sous région CEMAC, il suffirait de maîtriser le circuit de commercialisation qui échappe, pour l'heure, en grande partie aux statistiques commerciales. Qu'à cela ne tienne, selon l'Agence Française de Développement, les exportations du bétail en 2000 par exemple se sont chiffrées à 68 milliards de Fcfa. L'étude diagnostique sur l'intégration du commerce (EDIC) réalisée dans le cadre intégré et en cours de validation, met en exergue le secteur élevage comme ayant un fort potentiel d'exportation.

A ces produits d'exportation s'ajoutent aussi l'arachide, les peaux de bêtes et la cigarette.

Le Tchad, exporte essentiellement vers l'Europe et notamment au Portugal, en Allemagne et en France qui constituaient une moyenne de 65% des exportations en 2003. Outre ces pays, les produits d'origine tchadienne sont acheminés vers le Nigeria voisin, l'Espagne, la Tchécoslovaquie et dans une moindre mesure Taiwan, la Pologne et le Maroc.

Il convient aussi de ne pas perdre de vue le fait que depuis octobre 2003, le Tchad a fait son entrée dans le cercle des pays exportateurs du pétrole. Sa production qui d'après les experts durera environ 30 ans , est estimée à 80 millions de barils par an d'ici 2009.

Il est clair que la mise en œuvre du cadre intégré, qui pointe à l’horizon, donnera davantage d’atouts au Tchad en terme d’exportations.

Le Tchad, partenaire de l'Union Européenne et de l'AGOA

Le pays, auréolé de son entrée dans le cercle des producteurs de l'or noir, met tout en œuvre pour accrocher son wagon à la locomotive de la mondialisation. l'Amérique autant que l'Europe fait partie intégrante de ses visées

Au jour d'aujourd'hui, le Tchad compte parmi les dix sept ( 17 ) pays qui, jouissant d'une stabilité politique suffisante aux yeux du Président des Etats unis, sont admis à bénéficier de l'AGOA, (African Growth and Opportunity Act ). Cette loi, outre qu'elle favorise la promotion et le développement économiques sur le vieux continent, y ménage aussi l'accès aux entreprises et investisseurs africains.

Le Tchad étant éligible à l'AGOA, l'Etat a entrepris des actions devant permettre aux opérateurs économiques d'en tirer profit. Ainsi, à travers le Ministère du Commerce, de l'industrie et de l'Artisanat, un Comité National de Suivi de l'AGOA, piloté par le Secrétaire Général dudit ministère et comprenant les représentants aussi bien des pouvoirs publics que ceux du secteur privé, a été mis en place. S'en sont suivies la mise sur pied d'un sous comité technique de suivi de l'AGOA et surtout l'implantation d'un Centre de Ressources AGOA (CRA) au sein de la Chambre de Commerce avec l'assistance technique de l'Ambassade des Etats Unis au Tchad.

De l'avis des responsables du WATH, Centre des Affaires en Afrique de l'Ouest ( incluant le Tchad et le Cameroun), le Tchad compte parmi les six ( 6 ) CRA les plus dynamiques. Raison pour laquelle il a été sélectionné pour l'organisation d'une journée AGOA le 24 août courant à la Chambre de Commerce avec l'appui du WATH et de l'Ambassade des Usa. Cet évènement est à n'en point douter une tribune où spécialistes de l'AGOA et opérateurs, exportateurs expérimentés ou potentiels scrutent les procédures et étapes nécessaires à maîtriser pour mieux pénétrer le vaste et complexe marché américain.

Au delà de cette action ponctuelle pour laquelle se sont spécialement déplacés Abou FALL, coordonnateurs des 15 CRA existant en Afrique et Leah Quin, coordinatrice de la Communication, tous deux basés à Accra, il est à noter une volonté manifeste de commercer avec les USA. Pour ce faire, d'autres efforts considérables sont déployés pour amener les milieux d'affaires à acquérir la capacité pour être compétitifs dans le cadre du processus irréversible de la mondialisation. Une synergie s'est établie et se peaufine de jour en jour entre secteurs public et privé afin d'amener les entreprises nationales à faire usage des Technologies de l'Information et de la Communication, indispensables au commerce international.

Ainsi la souscription à TRADEMAP et PRODUCTMAP, deux fabuleux outils d'analyse de marchés conçus par le Centre du Commerce International (CCI) et mis à la disposition du Tchad grâce à un appui de l'USAID, pourrait être renouvelée. Et l'érection d'une Direction des Nouvelles Technologies au sein de la Présidence de la République constitue un signal fort de l'engagement du Gouvernement à vulgariser ces outils de compétitivité autrefois hors de portée.

Dans l'optique de la conception et la mise en œuvre d'une stratégique cohérente obéissant à la vision du Centre du Commerce International, les autorités et les milieux d'affaires se concertent. De cette concertation jailliront des initiatives dont la finalité sera de ne plus rester en marge de la mondialisation sous aucun prétexte.

Les marchés américains et européens devraient être pénétrés au mieux par les opérateurs économiques tchadiens. En cela, les accords de partenariat CEMAC/ST et UE, processus déjà enclenché, devraient aussi à l'aboutissement, contribuer à relever le défi de la compétitivité au niveau national.

Floraison des entreprises étrangères au Tchad

Il est un fait notable que les entreprises qui ont pignon sur rue au Tchad sont étrangères ou à capitaux étrangers. Les non nationaux sont donc légion à tirer leur épingle des affaires au pays de Toumaï.

Point n'est besoin de statistiques pour relever qu'au Tchad, les étrangers passent pour des hommes d'affaires les plus avertis. La Direction de l'Action Economique de la Chambre de Commerce qui a récemment, en 2005, fait éditer un répertoire des entreprises implantées au Tchad confirme ce constat. Selon le responsable en charge de cette direction, Renaud Dinguemnaial "les tous premiers à avoir d'emblée perçu la portée de cet ouvrage en souscrivant une insertion pour sa confection étaient les opérateurs économiques étrangers" Cela n'est pas fortuit mais traduit plutôt le fait que les étrangers visionnaires qui se sont installés au Tchad ne l'ont pas fait par philanthropie, et encore moins par le plaisir de vivre au Berceau de l'Humanité. Ces étrangers qui évoluent dans les secteurs clés et dynamiques, brassent plutôt des chiffres d'affaires au dessus de tout soupçon.

Qui sont-ils au juste, ceux là, venus d'ailleurs, qui trouvent leurs comptes en investissant au Tchad ? Il y'a d'abord les multinationales qui, de par leur expertise avérée à l'échelle internationale raflent les juteux marchés relatifs aux infrastructures routières, un des secteurs prioritaires financés grâce à l'appui des bailleurs de fonds et aux retombées de la manne pétrolière. En effet, SATOM et ARAB CONTRACTOR, respectivement firme française et égyptienne, pour ne citer que ces deux là, sont à pied d'œuvre en ce moment sur les chantiers des routes reliant la capitale à la partie septentrionale du pays. Un autre créneau porteur, la téléphonie mobile, est pour l'instant monopolisé par AIRTEL mais devra bientôt faire face à la concurrence d'une autre entreprise étrangère qui peaufine en ce moment une stratégie d'entrée sur le marché local. Pierre CASTLE, ce magnat français très connu sur le continent, s'est lui aussi accaparé du secteur des Brasseries qui a connu récemment la fusion des Brasseries du Logone (BDL) et des Boissons et Glacières du Tchad (BGT) en Brasseries du Tchad ( BDT). La Manufacture des Cigarettes du Tchad, filiale de British Tobago est l'un des fleurons de l'industrie tchadienne.

Le secteur de l'hôtellerie, et surtout la restauration, semble être l'apanage des étrangers qui y excellent. Libanais, français, indiens et chinois se partagent avec joie ce marché qui a connu un boom certain avec l'exploitation du pétrole. L'ouverture du complexe hôtelier libyen qui surplombe N'djamena avec sa splendeur, décongestionne ce marché dont l'éclosion est loin d'avoir atteint son paroxysme.

Les ressortissants de la sous région Afrique Centrale également explorent avec succès le marché tchadien. La fulgurante montée de Foberd, filiale du groupe camerounais Fokou , et la main quasiment mise sur la Commercial Bank Tchad et l'Imprimérie du Tchad par un autre milliardaire camerounais, Fotso Victor, en sont la parfaite illustration.

A en croire la Direction de l'Action économique de la Chambre de Commerce, "de nombreux investisseurs étrangers frappent aux portes du Tchad et n'attendent que soit réglé le problème crucial de l'énergie pour affluer". Consciente des enjeux qui se profilent à l'horizon, l'institution consulaire dont la mission première est la promotion du secteur privé et qui a vu ses ressources s'accroître grâce au précieux concours du Chef de l'Etat en personne, s'emploie au quotidien à vendre davantage la destination Tchad.

TCHAD AU CŒUR DE L'AFRIQUE ET DE LA CEMAC

Trait d'union entre l'Afrique blanche et l'Afrique noire, le Tchad peut se targuer d'être au cœur du continent. De surcroît son éveil récent avec d'une part l'avènement de la démocratie et d'autre part le gigantesque projet pétrole, met indéniablement le Tchad au cœur des mutations profondes.

L'Afrique Centrale autrefois tributaire du poids économique du Cameroun et du Gabon connaît ces dernières années une émergence de la Guinée Equatoriale et surtout du Tchad. Ce dernier possède maintenant des arguments en béton pour jouer un rôle prépondérant au sein de la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale ( CEMAC ).

L'embellie économique que connaît le Tchad avec l'exploitation du pétrole n'est guère étrangère au fait qu'au sein de la Conférence Permanente des Chambres de Commerce Africaines et Françaises ( CPCCAF) le pays, à travers son institution consulaire a vu récemment aux assises de Libreville, son mandat de Présidente de la Zone Cemac et vice Présidente de la CPCCAF renouvelé pour les deux années à venir.

Cette reconnaissance prouve si besoin en était que le Tchad jouit en ce moment d'un capital image positif au sein de la Cemac et partant, dans le continent. C'est donc à juste titre que le pays s'attèle à être davantage actif dans les diverses institutions spécialisées de la Cemac afin que la sous région développe une solidarité agissante au profit des 30 millions d'âmes.

Le Tchad abrite déjà le siège de diverses institutions spécialisées de la CEMAC. Il s'agit notamment de la Communauté Economique du Bétail, de la Viande et des Ressources halieutiques ( CEBEVHIRA) dont le bel immeuble flambant neuf jouxte le building du Ministère de l'Enseignement supérieur, de la cour de justice constituée d'une Chambre judiciaire et d'une Chambre de comptes, et le Pôle Régional de recherche Appliquée au développement des Savanes de l'Afrique Centrale (PRASAG ) issu des systèmes nationaux de recherche agronomique.

L'ancrage en Afrique Centrale n'empêche pas le Tchad, pays sans littoral, à se frayer d'autres débouchés vers la mer. En effet, en plus du principal port de transit des marchandises tant à l'exportation qu'à l'importation qu'est Douala, d'autres espaces portuaires ont été obtenus grâce à l'implication active du Chef de l'Etat en personne et n'attendent qu'à être exploités. Dans cette optique, la Chambre de Commerce à qui incombe la responsabilité de leur mise en valeur s'attèle à trouver des financements auprès des bailleurs de fonds pour la construction des entrepôts aux ports de Cotonou (Benin), Lomé (Togo), Moussarata ( Libye )

Au delà des espaces portuaires, le Tchad s'impose inéluctablement, de plus en plus, comme un pôle d'attraction. Seulement, sollicitée pour effectuer ou accueillir de nombreuses missions commerciales en provenance et à destination des quatre coins du continent, l'institution consulaire peine, hélas encore, à se restructurer afin de saisir toutes ces opportunités. Et pour remédier à cette situation dans un proche avenir, la promotion du secteur privé figure parmi les priorités du gouvernement.

PRESENCE DU TCHAD AU SEIN DES INSTITUTIONS AFRICAINES

Foyer de l’humanité, comme le certifie la récente distinction scientifique en juillet 2002 que représente la découverte de Toumaï, « espoir de paix », le Tchad, comme pour confirmer par prémonition son statut de berceau de l'humanité, et donc ouvert au monde, a pris une forte option dès les indépendances, d’intégrer les instances internationales, notamment au niveau régional africain. Il a ainsi contribué activement à la création de regroupements, aussi bien politique que socioéconomique. Une présence sur la scène internationale renforcée au cours des ans et marquée aujourd’hui par la ferme volonté des autorités de diversifier les relations avec les autres Etats africains, et de permettre au pays d’être en cheville avec ces derniers dans la quête effrénée de la paix et de la croissance socioéconomique.

L’entrée de la République du Tchad au sein des institutions africaines remonte aux années 60, années de l’accession de la plupart des pays de cette région du monde à la souveraineté internationale. Point de départ, l’impérieuse nécessité d’unité du continent avec la création de l’OUA, Organisation de l’Unité Africaine. Une institution à la fondation de laquelle le Tchad a très activement contribué en 1963 à Addis-Abeba en Ethiopie et, œuvré pour l’épanouissement, jusqu’à sa mutation intervenue en 2003( ?), devenant ainsi l’Union Africaine.

Dans la même optique, le Tchad a participé aux efforts ayant conduit à la création de l’OCAM, Organisation Commune Africaine et Malgache dont il a été membre. En matière de sécurité, notamment dans le domaine des transports aériens, l’ASECNA, Agence pour la Sécurité de la Navigation en Afrique et à Madagascar, a enregistré, pour sa création, le précieux concours du Tchad, membre à ce jour de cette Organisation régionale dont le siège est à Dakar au Sénégal, et au sein de laquelle il demeure bien représenté.

La sécurité alimentaire est aussi le front sur lequel le Tchad est présent, à travers son concours à la création du Comité Inter Etat de la Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS).

Au lendemain de la création de l’OUA, relevée ci-haut, le Tchad a, au niveau sous-régional, pris une part déterminante à la création de l’Union Douanière et Economique de l’Afrique Centrale (UDEAC), aujourd’hui remplacée par la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC), institution dont il est dépositaire de tous les actes. Le Tchad abrite par ailleurs le siège des organes spécialisés de la CEMAC : la Cour de Justice ; le Pôle régional de recherche appliquée au développement des savanes d’Afrique centrale (Prasac) ; la Communauté économique du bétail, de la viande et des ressources halieutiques (Cebevirah). Il est également représenté à la BDEAC (Banque de Développement de l'Afrique Centrale), institution annexe de la CEMAC avec siège à Brazzaville au Congo, et membre de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC).

Autre institution au sein de laquelle la République du Tchad est représentée, et à un niveau tout aussi important, la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), avec une représentation nationale, symbole même de la Communauté à N’Djaména, la capitale.

Dans un passé récent, en février 1998 à Tripoli en Libye, l’apport du Tchad a été encore déterminant dans le processus de la création de la Communauté économique des Etats sahélo-sahariens (Cend-Sad), un regroupement de plus d’une vingtaine d’Etats africains dont le pays a eu à abriter un sommet.

Le Tchad est également membre de la Commission du Bassin du Lac -Tchad (CBLT), comprenant en outre le Niger, le Nigeria et le Cameroun, et dont il abrite le siège.

Il convient de signaler, que depuis la démocratisation de ses institutions en 1990, et le retour à la stabilité tous azimuts, le Tchad, à travers sa diplomatie très active et son instrument de sécurité qu’est l’Armée Nationale Tchadienne, œuvre sans relâche pour la consolidation de la paix en Afrique, affirmant ainsi davantage sa présence au sein des institutions africaines. En témoignent, d’une part, son implication dans le processus de normalisation des institutions et du retour de la paix au Soudan. Et d’autre part, l’envoi des corps spécialisés dans le maintien de la sécurité, notamment au Rwanda, en République démocratique du Congo, et récemment encore en République Centrafricaine.

L’on ne saurait en outre manquer de relever la vingtaine de conventions africaines à laquelle le pays a souscrit, renforçant par la même son combat en vue du plein épanouissement politique et socioéconomique sur le continent.

Ainsi donc, la République du Tchad, hier encore réputé « Etat néant », « pays de guerre », est véritablement entrée aujourd’hui dans les arcanes de la diplomatie africaine, avec une présence plus que jamais sollicitée et attendue sur tous les terrains.

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